[ Vous n'êtes pas authentifié ]
       
   
 
.: Salon virtuel :.

Accueil
Halls
Général
Régions
Informations
 
 
.: Espace visiteur :.

Inscription
Authentification
 
 
.: Espace exposant :.

Inscription
Authentification
 
  .: Les actualités :.

 
  Appels d'offres(0)
Pas d'appel d'offre en cours
 
  Offre d'emploi(0)
Pas d'offre d'emploi en cours
 
  Contact
Partenaires
Aide
 
RETOUR

L'avenir s'assombrit pour Olympia

La chaussette, c'est Olympia. Le fleuron industriel, apres plusieurs annees de disette, avait retrouve quelques raisons d'esperer. Aujourd'hui, tout est remis en question. Le groupe Olympia aura-t-il les ressources necessaires pour financer des indemnites de licenciement a hauteur de 2,5 M€ ? Rien n'est moins sur...

La chaussette, c'est Olympia. Le fleuron industriel, après plusieurs années de disette, avait retrouvé quelques raisons d'espérer. Aujourd'hui, tout est remis en question


Mercredi. La journée de travail s'achève et les derniers métiers à tisser viennent de s'arrêter. L'ancienne avocate parisienne, Catherine Rambaud, la P-DG d'Olympia, sort de son bureau, le cœur serré. La cour d'appel de Reims vient de confirmer le jugement du tribunal des prud'hommes de Troyes qui, en avril 2008, avait condamné son entreprise à verser à chacune des quarante-sept personnes licenciées, fin 2005, des indemnités allant de 30 000 à 120 000 €.

Une lourde peine en forme de couperet pour Olympia, puisque le montant de ces indemnités pourrait atteindre les 2,5 millions d'euros.
À quelques mètres de là, les salariés de l'entreprise sont sous le choc. Rassemblés sous les néons, ils savent que le vaisseau amiral aura bien du mal à garder le cap sur les eaux agitées d'une économie vacillante. Catherine Rambaud ne cache pas son désarroi. Son entreprise, malmenée depuis une vingtaine d'années par l'économie de marché et les travers d'une mondialisation grandissante, n'a pas une trésorerie suffisante pour répondre aux injonctions de la justice. En s'adressant, mercredi, aux salariés, elle n'entend pas cacher les menaces qui pèsent aujourd'hui sur le fleuron industriel romillon.


Longtemps le premier employeur de la ville

L'histoire du groupe Jacquemard n'a jamais été un long fleuve tranquille. Elle a été marquée par de nombreux plans de licenciements et des luttes. Pour les salaires, les conditions de travail, les trente-cinq heures, contre les délocalisations. Malgré les bourrasques et les incertitudes, Olympia n'a jamais baissé pavillon.
Et c'est en Roumanie, en 2002, que va se jouer son avenir. Sa production est délocalisée pour répondre aux velléités asiatiques. Comme tous ses concurrents balayés par les importations à bas prix, elle a bien failli y passer en s'arc-boutant sur la fabrication française. Après trois plans sociaux, l'effectif a été réduit à 250 salariés à Romilly. Pendant l'âge d'or de la bonneterie, Jacquemard était le premier employeur de la ville, avec jusqu'à 1 200 ouvriers dans les belles années. Le défi est à la mesure des ambitions du premier fabricant de chaussettes français : se diversifier par rapport aux hypermarchés où la marque réalisait 95 % de son activité. Les premiers prix lui ont échappé au profit de la Chine et le marché de la chaussette dans la grande distribution décline de 10 % par an environ.


Dépôt de bilan, plan social, redressement ?

Après le temps des regrets et des espoirs déçus, Olympia se forge une nouvelle identité en plaçant la création au cœur de ses préoccupations industrielles. Un pari sur l'avenir et de nouvelles raisons d'espérer pour des salariés qui auront payé un lourd tribut à la crise. À l'annonce du jugement en appel livré mercredi 13 mai 2009 à Reims, c'est une vague d'émotion qui s'est abattue sur le personnel. Catherine Rambaud ne cache rien. Les perspectives de l'entreprise sont à l'image des sourires figés que portent les salariés. Dépôt de bilan, redressement judiciaire, plan social ? Après quelques années de répit, Olympia a retrouvé ses vieux démons. L'histoire se répète inlassablement rue du Colonel-Fabien.

Dans un paysage économique tourmenté, l'annonce de cette décision de justice, si légitime soit-elle, a pris la forme d'un véritable tsunami s'abattant sans prévenir sur la cité. Une onde de choc qui s'est rapidement étendue à la cité tout entière. De quoi faire chuter lourdement le moral de l'autochtone pliant l'échine sous le poids d'un emploi moribond.
Les salariés d'Olympia le savent bien. Leur avenir est en train de se jouer, et ce n'est pas dit qu'ils en sortent gagnants.


Une longue Histoire

La maison Jacquemard prend racine à Romilly-sur-Seine au XVIIIe siècle avec le travail à façon. Louis Jacquemard fait construire une usine de bonneterie rue Partouneaux en 1918. Cet établissement commercialise la marque Olympia - inspirée par les jeux Olympiques - dès 1932 et est utilisé par la SARL Jacquemard, créée en 1941 par Gaston et Alice Jacquemard. En 1969, le groupe ouvre une usine rue du Colonel-Fabien. En 1976, il rachète l'usine de bonneterie Boudios, 53 rue Victor-Hugo, et aménage les 5 000 m2 disponibles pour le tricotage des articles de tennis. En 1980, il acquiert les 3 000 m2 de l'usine Desvignes, rue Paul-Guillot, et l'aménage en magasin de stockage des produits finis. Puis il prend le contrôle de l'usine Dheurle, située rue du Docteur-Roux.
En 1985, l'usine Aube-Chaussettes ouvre en zone industrielle, rue Joseph Marie Jacquard. Le groupe, dirigé de 1983 à 2004 par Dominique Jacquemard, ne cesse de croître. Mais, du fait de la mondialisation, la dynamique s'essouffle à la fin des années 1990. De 1998 à 2005, l'entreprise subit trois plans de restructuration qui ramènent les effectifs à environ 230 personnes. En 2006, la production de chaussants est délocalisée en Roumanie. Ne demeurent à Romilly que la fabrication des prototypes et des échantillons ainsi qu'une plate-forme logistique - rues Fabien et Jacquard - pour la distribution des produits. Aujourd'hui, le site aubois concentre ses efforts sur la recherche, le développement et le design.

Une marque de fabrique

Une entreprise dirigée par des femmes


La grande particularité d'Olympia (Jacquemard), est sans conteste cette présence des femmes aux commandes de l'entreprise. Depuis trois générations, elles auront participé de façon tout à fait significative au développement de la marque, marqué dans les années 80 par une forte dynamique impulsée au bénéfice de l'emploi et des outils de production. Jacquemard, à cette époque, atteignait plus du millier d'emplois, répartis dans cinq usines différentes.
Pour la petite histoire, c'est au XVIIIe siècle que Jacquemard prend racine à Romilly-sur-Seine avec le travail à façon. Une entreprise familiale qui allait, dès 1918, connaître quelques heureux développements sous l'impulsion de M. et Mme Gaston Jacquemard, qui allaient succéder aux grands-parents. À cette époque, la petite entreprise commercialise pour son propre compte. Une dynamique qui allait s'amplifier avec, dès 1932, la création de la marque Olympia.
Raymonde, puis sa fille Dominique n'auront de cesse d'accompagner le développement de l'entreprise.
Catherine Rambaud est aujourd'hui la 4e femme à présider aux destinées de l'entreprise.

Perspectives

Olympia : le géant aux pieds d'argile veut retrouver sa gloire d'autrefois


Qui a dit que le textile était en panne d'idées nouvelles ? Aujourd'hui, la chaussette du futur, c'est maintenant ! Après trois plans de restructuration, le leader de la chaussette en France tente de survivre dans un secteur sinistré en se lançant dans le haut de gamme. La preuve : Olympia a envoyé à l'Élysée un prototype de ses nouvelles chaussettes spécial marathonien, hypertechniques, en coton Néoprène, destinées à résister à 7 500 kilomètres !
Sous la houlette de son PDG, Catherine Rambaud, l'entreprise veut renouer avec le succès et les bénéfices. Et c'est à partir de Romilly que s'active la matière grise réunie dans une quasi-cellule de crise dans l'usine Aube-Chaussette.


Traiter les problèmes de mycoses, voire de diabète


Pour sortir de cette spirale infernale, priorité a été donnée à la créativité. Un leitmotiv et un créneau porteur pour une société qui ne manque décidément pas d'idées. Demain, les chaussettes aideront à traiter les problèmes de mycoses, voire de diabète. Aujourd'hui, c'est de sécurité dont il s'agit. Un marché qui intéresse déjà les États-Unis, le Canada et le Japon.
Le géant aux pieds d'argile a beaucoup misé ces dernières années sur l'innovation. Un acte de foi dans l'avenir et la promesse de jours meilleurs. L'histoire pourrait, malgré tout, s'arrêter là…

Auteur : Christophe LEVERT

L'EST ECLAIR du vendredi 15 mai 2009

http://www.lest-eclair.fr/


Pour en savoir plus :


La guerre des prix fait rage dans la chaussette



Les chausettes Olympia repartent du bon pied



Olympia mise sur la création et l'innovation



Le sport fait aussi travailler les neurones : ces chercheurs que le sport inspire



23 avril 2008 à Troyes : Les entreprises font leur cinéma



Olympia met le pied dans la diversification



L'avenir s'assombrit pour Olympia




L'EST ECLAIR du vendredi 15 mai 2009
http://www.lest-eclair.fr/


La chaussette, c'est Olympia. Le fleuron industriel, après plusieurs années de disette, avait retrouvé quelques raisons d'espérer. Aujourd'hui, tout est remis en question
© Photo : Christophe LEVERT


La grande particularité d'Olympia (Jacquemard), est sans conteste cette présence des femmes aux commandes de l'entreprise.
© Photo : Christophe LEVERT



© Photo : Christophe LEVERT





Industrie 3000 © Crédits      5 visiteurs connectés 103 visites de stands. 14 stands accessibles