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12 au 14 mai 2009 a Troyes : 14e edition de Plug & Start
Depuis sept ans et tous les six mois, l’Aube organise les journees Plug&Start pour seduire des createurs d’entreprise prometteurs et developper le territoire. Une reussite faite d’enthousiasme et de benevolat... «C’est incroyable!», lâche, encore groggy, Didier Hoareau, qui a été complètement époustouflé par la qualité des personnes rencontrées, la pertinence des conseils reçus au fil des trois jours de cette quatorzième édition de Plug & Start qui s’est tenue mardi, mercredi et jeudi 14 mai 2009 à Troyes. «On voit tout de suite qu’il y a un réseau qui fonctionne. Je n’ai jamais vu ça ailleurs. On passe trois quarts d’heure avec un avocat au barreau de Paris, avec un notaire, avec des consultants. Rien que pour nous!», s’étonne-t-il encore. Et de glisser, l’œil plein de malice: «La Star’ac, à côté, ce n’est rien!»
Un réseau de parrains et d’experts bénévoles
Cela fait sept ans que ça dure. Plug & Start, avec une session au printemps et une autre à l’automne, examine à chaque fois une vingtaine de projets. Le tout grâce à des bénévoles qui sont chefs d’entreprises, professions libérales ou directeurs d’administration. Un réseau en or qui fonctionne avec un noyau dur et des gens qui participent quand ils peuvent ou quand on a besoin d’eux. «On s’adapte à la nature des projets», souligne Julien Renoult, l’une des chevilles ouvrières de Plug & Start à la technopole de l’Aube.
La réussite tient à l’état d’esprit insufflé dès l’origine par Francis Bécard - «se faire plaisir tout en bossant», résume-t-il- et à un souci presque maniaque du détail. Tout dans Plug & Start, qui n’a qu’un tout petit budget, est réglé comme un opéra. De la prise en charge logistique des créateurs jusqu’à la soirée de gala, tout vise à donner la meilleure image possible du département.
Cette année 2009, les porteurs de projets ont déjeuné avec Pierre-Marie Boccard, délégué général des Nuits de Champagne, ou encore Patrick Bauer, fondateur du Marathon des Sables. Ils ont aussi visité l’exposition sur le «Beau XVIe» sous la conduite, forcément éclairée, de Chrystelle Laurent, la commissaire générale.
Dans la foulée, ils ont retrouvé leurs parrains et d’autres compagnons de route de Plug & Start autour d’une flûte de champagne dans le cadre enchanteur du cloître de Saint-Martin-es-Aires où l’École supérieure d’arts appliqués, maître des lieux, avait mobilisé -souci extrême du détail- deux étudiantes pianistes pour enchanter la soirée.
Une organisation au cordeau à l’image de tout ce qui se passe entre les murs de la technopole où, durant la nuit, les business plan sont réécrits, retravaillés par les créateurs avec l’assistance d’étudiants de l’ESC Troyes qui, envoyés par l’école pour tester leurs jeunes connaissances, abattent un travail de titan. «C’est extrêmement formateur. Quand ils reviennent, ils sont transformés», se félicite Pierre Batime, directeur de l’ESC et, par ailleurs, parrain. Pour cette session, et pour la première fois, des étudiants de l’UTT se sont joints à l’opération.
Au travail de fond s’ajoutent l’enthousiasme et l’émulation qui font la marque de fabrique, Plug & Start. Elle tient ainsi son miracle bisannuel. François Baroin, député-maire de Troyes, qui se fait un devoir de saluer les lauréats à chaque édition, en est toujours aussi reconnaissant: «Le chemin tracé par la technopole et par Plug & Start fait partie des éléments de la reconversion d’une ville qui a beaucoup donné aux délocalisations».
" La notoriété de Plug & Start est extraordinaire "
Directeur de la technopole et de l'ESC, inventeur du concept Plug & Start avec son équipe rapprochée, Francis Bécard juge que ces trois jours bisannuels sont devenus indispensables pour le département.
Plus de 600 porteurs de projets vous ont sollicité pour cette quatorzième édition de Plug & Start. Comment se fait la sélection ?
« Elle se fait en trois dimensions : la pertinence de l'innovation, le marché potentiel - ce n'est pas toujours facile -, et la qualité de l'équipe. Sur ces trois paramètres-là, on fait une pile et on dit : ceux-là, on les veut. Il y en a généralement plus que vingt, alors on trie une deuxième fois et une troisième fois. On fait la présélection avec mon équipe rapprochée et des chefs d'entreprises qui sont par ailleurs des "business angels". »
Et là sur les vingt projets retenus, y en a-t-il qui sont particulièrement intéressants ?
« En choisissant parmi 600 candidats au niveau national, on finit forcément par avoir des projets de qualité. Après le casting ne se fait que par écrit, on va avoir le retour des chefs d'entreprise et des experts, on y verra plus clair. »
Comment fait-on pour attirer ces projets à Plug & Start ?
« La notoriété de Plug est extraordinaire. Elle tient tout simplement à cette capacité que l'on a eue de constituer un réseau humain avec des chefs d'entreprises et des professions libérales qui acceptent de se mobiliser bénévolement. La présidence de Retis (l'association nationale des technopoles et centre d'innovation, N.D.L.R.) m'a permis de voir que c'est unique en France. Il y a des médecins, des agents immobiliers, des joueurs de foot, tout le monde quoi. Ce côté hétéroclite fait notre force, fait que les gens ont envie de participer, de recommencer. C'est gagnant-gagnant. »
Avec Plug & Start, quelle l'ambition de la technopole en terme de recrutement de créateurs d'entreprises ?
« Notre ambition, c'est de faire en sorte qu'il y ait 30 % des projets qui restent dans l'Aube. Ça devient dur parce que le niveau de qualité des projets est élevé et parce que les porteurs de projet sont plus mûrs et que leurs époux ou leurs épouses ont aussi une activité professionnelle, souvent de haut niveau et qu'il n'est pas facile de leur trouver l'équivalent ici. Et puis surtout, les territoires sont de moins en moins naïfs et les projets restent sur leurs territoires. »
La concurrence est plus rude aujourd'hui ?
« Oui. Les territoires sont mieux organisés qu'il y a quatre ou cinq ans, mais ils sont encore loin d'être à notre niveau. Déjà, on a Philippe Adnot, l'expert national en terme d'innovation, et puis on a ici une symbiose qu'il ne va pas être facile à rattraper. La qualité de la relation qui s'établit ici en trois jours, le fait que les créateurs puissent voir autant de gens à leur service, avec autant de qualité, font qu'on continue à avoir des projets qui nous rejoignent. Mais il nous faut préparer l'avenir. On y travaille. »
Quelle est la part de Plug & Start dans le recrutement de la technopole ?
« Autour de 70 %. Rare sont les projets qui nous rejoignent en dehors et quand il y en a, on les remet dans Plug. Je pense que si on n'était pas capable d'imaginer une opération comme celle-là, on n'aurait même pas le droit d'imaginer avoir une technopole à Troyes. La notoriété nationale aujourd'hui de Plug & Start est supérieure à celle de la technopole et on l'a fait exprès. Quand on veut attirer quelqu'un, il ne faut pas commencer par lui dire où il va aller. Philippe Adnot pense que tous les Français veulent venir dans l'Aube, mais ce n'est pas si évident. Nous, on met en avant le concept et les gens s'inquiètent ensuite de savoir où ça se passe. Quand ils sont là, quand ils ont vu qu'il y avait des gens capables de les aider, peu importe la localisation. »
Le createur
Le véloptère sur la piste Aube
« Je suis tombé sur de vrais parrains », se réjouit Paul Sakir dès le premier jour de cette quatorzième édition de Plug & Start. À 30 ans, ce jeune créateur vient de mettre au point un nouveau concept de bicyclette : le véloptère. L'idée : remplacer les traditionnels pédaliers à mouvement rotatif par de longues manivelles qui s'actionnent par un « mouvement de step » (un mouvement entre la marche et la montée d'escalier). Et ça change tout !
« La longueur de manivelle étant plus élevée, la force est plus grande, assure Paul Sakir. On a besoin de moins d'énergie pour avancer. Monter les côtes devient plus facile. Démarrer n'est plus un problème. »
Une efficacité améliorée de 50 %
Selon ses calculs, l'efficacité du rendement est améliorée de 50 %. Autre avantage, celui qui avait décidé Paul Sakir à se lancer dans l'étude, le vélo est plus court, plus maniable, plus transportable. Un premier prototype a déjà été réalisé. Un second, au design plus élaboré, est en cours. Le troisième devrait être un modèle commercialisable.
Le projet de Paul Sakir, qui est hébergé dans un incubateur de Seine-et-Marne, est déjà bien avancé. Un designer américain, séduit par l'idée, devrait l'aider à affiner la silhouette de l'engin. Paul Sakir a déjà en tête toute une gamme : véloptère pliant, véloptère de ville, de course et même de luxe. Il dispose de brevets pour tous les grands pays, Chine et Amérique comprises.
À se demander ce qu'il vient faire à Plug & Start ? « Je cherche des financeurs. Il faut que je précise mon projet pour les trouver », explique-t-il tout simplement. Dès sa première journée, Plug & Start a été un révélateur. Parmi ses parrains, il a pu compter sur Patrice Liénart, le patron de Simon Scoot'n cycle, importateur et grossiste en cycles. Le courant est immédiatement passé.
Business plan revu
Dès le premier jour, le business plan a été revu. Alors que Paul Sakir était plutôt parti sur l'idée de fabriquer lui-même une partie de ses cycles, ses parrains lui ont conseillé de tout sous-traiter. Ils lui ont même suggéré un sous-traitant tout indiqué : Cycleurope à Romilly-sur-Seine. Ils lui ont donné de précieux conseils pour muscler son marketing et sa gestion.
Des pistes de travail qui enthousiasment le jeune créateur. Son objectif aujourd'hui est de réussir à sortir les premiers exemplaires du véloptère en 2010. Il estime ses besoins en capital à 600 000 €, voire 800 000 € pour démarrer rapidement. Il n'exclut pas de s'installer dans l'Aube. Pas du tout même.
Le parrain
François Bénard : «Ça nous sort le nez du guidon»
Pourquoi les parrains et les experts participent-ils et reviennent-ils à Plug & Start? «Parce que Francis (Bécard, N.D.L.R.) nous l’a demandé!», répond avec un large sourire François Bénard, le gérant de Freecom. Depuis le début de l’aventure Plug & Start, il répond présent. «Il y a tout un esprit qui s’est créé autour de Plug. Ça nous permet de sortir le nez du guidon. On réfléchit à des problèmes qui sont aussi les nôtres et, du coup, c’est un bon moyen de prendre du recul», assure-t-il.
Depuis le début, il a accompagné des dizaines de filleuls. «À chaque fois, c’est différent», observe-t-il. Pour cette édition, il accompagne Didier Hoareau, venu de l’île de la Réunion pour faire avancer son projet qui vise à développer les usages que l’on pourrait faire du portable. Ni le parrain ni le filleul ne veulent en dire plus tant que les brevets ne sont pas déposés. Le projet est jugé par tous prometteurs, y compris par les autres parrains qui, Plug & Start terminé, entraînent encore Didier Hoareau à l’écart pour évoquer son projet.
«Ce n’est jamais la même chose, reprend François Bénard. J’ai vu des projets exploser dès la première heure. J’ai vu des projets se reconstruire entièrement en trois jours.» Un défi qui fait de Plug & Start un moment unique.
Pour beaucoup de parrains, c’est cette fraîcheur qui les invite à revenir. L’occasion de se changer les idées et refaire le plein d’énergie au contact de créateurs qui s’apprêtent souvent à soulever des montagnes.
L'EST ECLAIR du mardi 19 mai 2009
http://www.lest-eclair.fr/
Pour en savoir plus :
16 au 18 mai 2006 : Troyes accueille la 8 éme édition "les journées plug and start"
14 au 16 novembre 2006 : Troyes accueille la 9 éme édition Plug and Start, pour franchir le cap de la création d'entreprise.
22 au 24 Mai 2007 à Troyes : 10 ème spéciale édition : Plug and Start, pour franchir le cap de la création d'entreprise
12 au 14 mai 2009 a Troyes : 14e edition de Plug & Start
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L'EST ECLAIR du mardi 19 mai 2009
http://www.lest-eclair.fr/
Les participants à l'édition Plug&Start du printemps 2009. Parmi les dix-neuf porteurs de projets, la technopole de l'Aube espère en séduire un tiers.
Le createur : « Je suis tombé sur de vrais parrains », se réjouit Paul Sakir dès le 12 mai 209, premier jour de cette quatorzième édition de Plug & Start.
Le parrain : Pour cette édition, François Bénard, le gérant de Freecom, accompagne Didier Hoareau, venu de l’île de la Réunion pour faire avancer son projet .
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